Séminaire 2016 : financement des transformations urbaines

La Ville en Commun organise un séminaire consacré au financement des transformations urbaines, pour explorer, au-delà du simple état des lieux, comment les pouvoirs publics et les citoyens peuvent encore être les garants d’une ville ouverte et accessible, alors que le marché tend à devenir l’acteur dominant qui façonne l’urbain. Ce séminaire, nourri d’auditions de professionnels et de chercheurs, se déroulera de mars à juin 2016. Il donnera lieu à la rédaction d’un document d’analyses et de positionnement.

Le constat

Les collectivités locales sont confrontées d’une part à une raréfaction de leurs moyens, d’autre part à des attentes nouvelles en matière d’aménités urbaines : satisfaire les besoins en matière de logements et de services publics, accompagner les mutations sociales et économiques, conduire la transition écologique (transports, isolation des bâtiments, déchets, épuration), assurer la numérisation de la ville (câblage, nouveaux services)…

Ceci intervient dans un contexte d’accroissement des inégalités socio-spatiales, de poches critiques de pauvreté et de précarité, de mise en concurrence des territoires.

Entre villes du Nord et villes du Sud, entre mégapoles, métropoles et villes moyennes, le défi est grosso modo le même : satisfaire des besoins croissants avec des moyens financiers restreints.

L’espace urbain est, au moins autant qu’hier, le siège de la richesse : richesse accumulée et lieu de la production de richesse.

Même dans un pays comme la France dans lequel la puissance publique (État et collectivités territoriales) a une longue tradition dans la conduite des politiques urbaines, le marché tend à devenir un acteur de premier plan, voir le premier des acteurs : développement des délégations de services publics, PPP, puissance du génie urbain des majors du BTP, développement de filières intégrées banques/promoteurs et majors…

On voit se développer des propositions « clé en main » de grands groupes pour la conception et la réalisation de quartiers, voire de morceaux de ville et de villes nouvelles.

La contestation d’absurdes critères comptables et de politique malthusienne est un élément de la réponse. La défense du service public et de l’action publique est nécessaire. Elles ne suffisent pas. Au risque de voir l’impossibilité de faire se transformer en identité politique. Une réflexion nouvelle sur le rapport du public et du privé dans la production et la gestion urbaines s’impose. Ce sera l’objet du séminaire projeté. Il se centrera sur le France, sans oublier le contexte international.

 

L’hypothèse

L’hypothèse centrale que nous aimerions tester dans ce séminaire est la suivante :

Au sortir de la guerre, un compromis social s’est construit (de fait et non formellement) autour de l’instauration de protections sociales de haut niveau pour les salariés et leur famille. On peut estimer que les protections et les droits doivent se développer et être attachés à la personne. Mais il faut un volant collectif — « le droit à la ville » en fait partie.

L’égalité chère à la gauche se joue largement dans les territoires : leur désenclavement, la qualité des services publics, des espaces publics et des accès y afférant… Un nouveau compromis peut-il se concevoir avec comme enjeu les différents grands sujets rappelés plus haut ? La mobilisation de moyens financiers à grande échelle dans les territoires serait socialement utile, anticipatrice. Et serait une manière, de fait, de contrer la financiarisation du monde en inscrivant l’argent ici.

Est-ce qu’une partie de la sphère financière peut être intéressée à y contribuer?

Le développement de l’économie du partage, de l’économie circulaire et de l’Économie Sociale et Solidaire constitue des bases intéressantes de réflexion et d’expérimentation. Ces formes feront parties de la réflexion de ce séminaire, sans la limiter. Notre question : Quelles sont les limites des pratiques actuelles des financements de la production urbaine ? Que faire pour dépasser ces limites ?

 

Le séminaire

Le séminaire est constitué d’une dizaine d’auditions de personnalités très variées permettant d’aborder tout aussi bien les systèmes bien huilés du fonctionnement capitaliste financier actuel que les tentatives faites pour changer de modèles de développement. Nous souhaitons une réflexion créative et audacieuse qui dépasse le simple état des lieux.

Une note sera produite dans l’année 2016. Elle sera composée de deux parties : résumé des introductions et des débats des auditions ; synthèse avec réflexion et pistes retenues.

 

 

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